Par Élisabeth Lacoste
Paris Montmartre, Place Dalida, juin 2025. Je prends une quantité incalculable de clichés de la statue d’une de mes artistes préférées, Dalida. Cette statue en bronze, réalisée en 1997, par le sculpteur Alain Aslan, qui a aussi conçu la statue funèbre sur la tombe de Dalida, est particulière. Elle représente un buste proéminent de Dalida. Après avoir admiré l’œuvre, je m’éloigne un peu et j’observe une dame d’une quarantaine d’années, l’air solennel, se diriger vers le fameux buste. Elle ferme les yeux, comme pour faire une prière, et de ses deux mains touche les seins de la statue. Je me doutais que des adolescents, pour s’amuser, fassent ce genre de chose, mais à ce moment-là, je ressens un certain malaise à voir agir cette femme. Dalida est une diva si importante pour la France, c’est difficile pour moi de considérer que, pour se souvenir d’elle, on empoigne sa poitrine allègrement.
Un geste affectueux
Cependant, cette dame n’est pas la seule à frotter ses mains sur le buste de celle qui a interprété Bambino. Des milliers de touristes se portent au jeu chaque jour. Pour ces visiteurs, qui comme moi, admirent Dalida, c’est une tradition affectueuse. Il n’y a rien de dégradant. De plus, selon une croyance, frotter le buste porterait chance en amour. Cette légende s’est formée, de manière naturelle au fil des années, par les visiteurs. La statue, qui s’intitule le Buste de Dalida, a été inaugurée dix ans après le décès de la célèbre chanteuse, à Montmartre, tout près de sa maison sur la rue Orchampt, où elle y a vécu une trentaine d’années. Cette attraction touristique est de plus en plus populaire, car on l’aperçoit entre autres dans la célèbre série américaine Emily in Paris, ainsi que dans le jeu vidéo Call of Duty.
Une protection pour Dalida
Le 25 novembre dernier, des écologistes ont demandé à la Ville de Paris de protéger la statue. Ils « y voient une banalisation des agressions sexuelles sur le corps féminin » (Tiré de Paris ZigZag). Ils demandent qu’elle soit protégée par une barrière, un panneau pédagogique, et qu’on la pose sur un socle plus élevé. En entrevue à RTL, le frère de l’artiste franco-italienne, Orlando, qui s’occupe de la succession de Dalida, pense que ces demandes sont ridicules. Selon lui, si les gens aiment croire que c’est un porte-bonheur en amour, « on ne peut pas les empêcher d’être heureux ». Quand on ne connait pas les raisons, c’est choquant de voir tant de personnes faire cet acte sur un lieu commémoratif de Dalida. Il faut aussi savoir que cette coutume use le bronze du buste, alors si nous voulons préserver la statue, la Ville doit trouver un moyen pour limiter les mains baladeuses.

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